ENFANCE& OBÉSITÉ

PRÉVENIR L’OBÉSITÉ CHEZ LES ENFANTS

Prévenir l’obésité chez les enfants

Obésité infantile, pourquoi c’est si difficile ?

Si l’obésité est une maladie complexe et difficile à gérer pour les être humains sur le plan émotionnel et physique, elle est pour les enfants obèses, un drame absolu et dans leur entendement d’enfant, un problème insolvable. Au delà des dégâts causés sur le plan émotionnel et physique, les enfants gros se sentent abandonnés à tous points de vue, et les parents ne savent pas comment les aider. Depuis 2004, nous avons accompagnés des dizaines d’enfants à retrouver un poids de santé, sans qu’ils n’aient à endurer la moindre souffrance ou frustration. Mais les enfants ne sont pas aptes à décider de leurs propre gré, d’une prise en charge, et c’est aux parents de prendre les décisions pour eux. Mais avant de décider, il est important d’en savoir plus sur les tenants et les aboutissants de cette maladie.

Petite fille obèse à Paris J’ai été un enfant obèse dans les années 60 à Paris, et j’étais un cas isolé. J’ai souffert abominablement de ce qui était pour moi, une immense injustice et  une fatalité. Si je fais aujourd’hui ce métier, c’est parce que cette souffrance d’enfant est restée gravée au fer rouge dans chacune de mes cellules. L’enfant obèse est souvent incompris et se sent coupable de son obésité. La cause des enfants obèses est celle qui me touche le plus dans le combat que je mène contre l’obésité. La tristesse et la solitude qu’un enfant trop gros peut ressentir est effroyable.L’obésité touche les enfants sur tous les plans, et en dehors de l’inconvenance et la fatigue physique qu’elle leur occasionne, les affronts psychologiques qu’elle leur fait endurer, est un véritable calvaire. Petite, j’endurais tant de souffrances, également réparties entre l’inconfort physique de mon poids, et en grande partie causée par mes propres démons intérieurs, que je demandais tous les jours à Dieu, pourquoi il m’avait faite grosse » . C’est seulement aujourd’hui que j’en connais la raison, Pour mener à bien ce combat. Ces multiples formes d’auto-dénigrement, c’est ce que les Américains appellent ‘the negative mind », l’esprit négatif. Le type de phrases qui revenait sans cesse dans l’ordre ou le désordre était :« tout le monde te hait, tu ne sers à rien, tu es grosse et moche, tu ne sais rien faire de bien, tu ne sais que te plaindre, rien ne marchera jamais pour toi, tu pourris tout et la vie de tout le monde, tu ne mérite rien, tu es vulgaire et ridicule, tu ne mérite pas de vivre, tu devrais mourir, tu me dégoûtes, ils ont assez de problèmes, ils n’ont pas besoin des tiens en plus, etc ».

 

Il y a chez les enfants obèses, en dehors d’un terrain génétique favorable, un point commun très marqué. Les Américains appellent cela Le CNC, ou confirmed negative condition. Ces enfants sont très sensibles aux souffrances de leurs proches, et à celle de l’univers, mais aussi se sentent et se considèrent comme les bergers gardien de leur famille et du reste du monde. Ce sont des humanistes de premier degré, qui s’accablent et se culpabilisent de la souffrance des autres. Ils en arrivent à l’abnégation totale de leur identité, à se mettre totalement de côté, pour leur mission et oublient même qu’ils existent. Les enfants gros portent sur leur dos le malheur du monde, et leur surpoids, n’est rien à côté de cela. Notre mission aujourd’hui est de rassurer ces enfants, de les aider à retrouver leur identité, de leur redonner confiance, et d’apprendre aussi à leurs parents, à revisiter le fonctionnement de leur enfant. Le mal être de l’enfant obèse reste aussi ancré dans notre fonctionnement d’adultes obèses, et c’est donc à la source du problème qu’il faut revenir, pour guérir.

Petit garçon en surpoids:

Parmi les enfants qui sont venus me trouver, il y’a une histoire qui est certainement la plus touchante, la plus inspirante.

C’est celle d’un petit garçon de neuf ans, qui est venu me voir avec sa maman. C’est lui qui avait pris cette décision. C’est lui qui m’avait trouvé sur internet, avait regardé les témoignages, et avait demandé à sa maman de l’emmener jusqu’à ma consultation. Pourtant, Il n’avait qu’une dizaine de kilos à perdre. Mais en réalité, ce petit ange, voulait maigrir pour sauver son papa qui se trouvait être en obésité morbide, avec près d’une centaine de kilos à perdre. Tout cela s’est passé dans le cerveau d’un enfant de neuf ans. Il est venu à moi, pour montrer à son père que l’on pouvait maigrir et changer, se sauver. Tout ce qu’il apprenait à mes côtés, il le rendait à son père. Non seulement en quelques mois, il avait maigri, mais il était devenu le coach de son papa.Parfois les enfants, sont bien plus conscients que nous, et prêts à s’imposer des changements, si ils savent en contre partie que cela leur est possible.

Les enfants ou le futur de l’humanité:

  • L’obésité chez les enfants a atteint des niveaux épidémiques.
  • L’OMS a évalué à 22 millions le nombre d’enfants âgés de cinq ans souffrant d’excès de poids.
  • Aux États-Unis, le pourcentage d’enfants entre 5 et 14 ans souffrant d’excès de poids est passé ces trente dernières années de 15% à 32%.
  • Un enfant sur quatre aux États-Unis souffre d’excès de poids ; 11% y sont obèses.
  • À Beijing, 20% des écoliers sont obèses. D’après les dernières statistiques de l’OMS, il y aurait en Chine aujourd’hui près de 500 millions d’obèses
  • 16% des écoliers saoudiens sont obèses.
  • Au Royaume-Uni, 14 % des garçons de 15 ans sont en surpoids (pré-obésité) et environ 4 % sont obèses; pour les filles du même âge, ces chiffres sont respectivement de 11 et 3 %.
  • L’Italie détient le record incontesté d’obésité infantile, devant tous les autres pays avec 37 % d’enfants obèses.

L’ère de la première génération d’enfants, à mourir avant celle de ses parents de complications liées à l’obésité…

Principales complications:

En voici trois: le diabète, l’hypertension artérielle et les maladies cardiaques et problèmes de santé considérés autrefois comme spéciques des adultes. D’après un institut américain (U.S.Institute of Medicine), 30 % des garçons et 40 % des filles nés aux États-Unis en 2000 risquent à tout moment de souffrir d’un diabète de type 2 lié à l’obésité.

Les études montrent une tendance alarmante chez les enfants. L’augmentation du taux d’obésité est en train de provoquer une augmentation du taux d’hypertension. À moins que nous n’inversions cette tendance à l’hypertension, nous allons affronter une explosion d’affections cardiovasculaires chez les jeunes adultes et les adultes, prévient Rebecca Din-Dzietham, professeur à l’École de médecine Morehouse d’Atlanta, aux États-Unis.

Obésité des enfants, les facteurs en cause:

Qu’y a-t-il derrière cette épidémie mondiale d’obésité infantile ? Bien que les gènes puissent prédisposer à l’obésité, l’évolution alarmante du problème au cours des dernières décennies semble indiquer qu’ils ne sont pas seuls en cause. Stephen O’Rahilly, professeur de biochimie clinique et de médecine à l’université de Cambridge, en Angleterre, déclare: Rien dans le domaine génétique n’explique la progression du taux d’obésité. Il n’est pas possible que nos gènes se soient modiés en 30 ans. La clinique Mayo, aux États-Unis, analyse ainsi les causes: Bien qu’il existe des causes génétiques et hormonales à l’obésité infantile, la surcharge pondérale est en grande partie due au fait que les enfants mangent trop et ne font pas assez d’exercice. Deux exemples illustrent l’évolution des tendances en matière d’habitudes alimentaires aujourd’hui.

Premièrement, comme les deux parents travaillent et qu’ils ont moins de temps et d’énergie pour cuisiner, les plats tout faits deviennent la norme. Les fast-foods ont fleuri partout dans le monde. Une étude a rapporté que près d’un tiers des enfants américains de 4 à 19 ans mangent quotidiennement ce genre de nourriture — habituellement riche en sucres et en graisses, et certes en portions copieuses, donc alléchantes. Deuxièmement, les sodas ont supplanté le lait et l’eau. Chaque année, par exemple, les Mexicains dépensent plus pour les sodas — particulièrement pour ceux à base de cola — que pour les dix denrées de base principales réunies. Selon le livre Vaincre l’obésité infantile (angl.), une consommation quotidienne d’un peu plus d’un demi-litre de soda peut entraîner une prise de poids de 11 kilos en un an !

En ce qui concerne le manque d’activité physique, une étude menée par l’université de Glasgow, en Écosse, a révélé qu’en général un enfant de trois ans ne se livrait que 20 minutes par jour à des  » activités modérées à intenses « . Commentant cette étude, James Hill, professeur de pédiatrie et de médecine à l’Université du Colorado, a déclaré :  » La sédentarité croissante des enfants britanniques n’est pas exceptionnelle; on la retrouve presque partout dans le monde. »

Sources: The National Institutes of Health and the Mayo Clinic

Comment aider son enfant en surpoids ou obèse à maigrir?

Nos enfants sont aujourd’hui en danger, mais nous parents,  pouvons les aider à retrouver non seulement  leur poids de santé, sans la moindre souffrance, mais à rétablir un équilibre émotionnel propice à leur bon développement. Par le biais d’un accompagnement approprié, d’un soutien, et de la prise en charge aussi de la famille sur un plan informatif et préventif, le sort de l’enfant obèse ou en surpoids peu s’améliorer. Par le biais de nos méthodes de coaching Smart and Light, de nos ateliers de cuisine et dégustation convivial et festif, par le biais des séances de responsabilisation et de comportements, par le bais de nos séances de sport ludiques, nous sommes en mesure de capter leur attention, et leur donner envie de changer, de bouger, d’apprendre, sans même qu’ils s’en rendent compte. Un enfant peut maigrir, et peut maigrir sans souffrir, des dizaines d’entre eux sont venus nous demander de l’aide et ont pu recommencer à gambader joyeusement comme des enfants, sans plus se soucier de rien.

Sophie Reverdi